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Pourquoi la révolution verte ? (message illustré par des photos de mon 1er voyage en Iran en avril de cette année)

Par Anne, le 3 septembre 2009

Tous les jeunes rencontrés, mise à part Haadi, sa sagesse le raisonne très certainement, ne souhaitent qu’une seule chose et ce désespérément : quitter l’Iran. J’ai pu revoir Ali n°2(ami d’Ali de Shiraz) quelques jours avant sont départ pour les Etats Unis où il venait d’être accepté pour un Phd après 2 ans de lutte (le Phd à l’étranger reste le meilleur moyen pour partir, mais encore faut il être accepté dans une université et obtenir le visa), il était le plus heureux du monde alors qu’il allait quitter l’Iran et sa famille pour toujours. Pourquoi ces jeunes veulent quitter l’Iran et pourquoi sont il prêts à se faire tuer pour changer de gouvernement et même de régime ? Pour toutes ces raisons... La musique est interdite, si ce n’est traditionnelle. Les concerts et la danse sont bannis. Au cinéma, seuls les films iraniens sont projetés. à Téhéran il est possible de trouver des films internationaux, mais censurés. Sortir se balader entre jeunes filles et garçons est interdit, les jeunes filles ne peuvent sortir ou voyager qu’avec leur famille ou leur mari. Elles vivent donc enfermées chez elles, avec seul point de repère cette famille qui devient essentielle et même vitale, ses copines sont ses soeurs et ses cousines et pour certaines leur futur mari seront leurs cousins. Elles ont donc peur de tout à l’extérieur : de la rue et ses dangers, de la foule, des hommes... Elles ne peuvent quitter leur famille que le jour où elles sont mariées. Arrive alors le temps de la dépression au côté de ce mari qu’elles ne connaissent à peine et surtout loin de leur famille.

De manière générale, du fait des nombreux interdits qui leur sont imposés, les Iraniens vivent enfermes chez eux, la lumière du jour n’est même pas acceptée, mais l’ambiance au sein du foyer est toujours très chaleureuse et plutôt vivante, beaucoup de rire et de bienveillance. Malgré l’ambiance plutôt aimante du foyer, toute la jeunesse iranienne traîne une sorte de dépression permanente (l’un des pays au monde avec le plus haut taux de drogués), l’impression de suffoquer. Ils parlent continuellement de cet Etat répressif qui les empêche de vivre et d’aimer. La relation homme-femme est complètement biaisée. Le chemin naturel qui consiste à d’abord se rencontrer, puis apprendre à se connaître et s’aimer et alors choisir de se marier et construitre une famille est inversé. Il s’agit de se rencontrer puis de se marier et enfin de se connaître. Le mariage arrangé est affaire courante. N’ayant pas vraiment le choix, les jeunes filles cherchent au « plus pratique », à savoir un homme avec de l’argent qui pourra leur offrir une belle maison et une opération du nez. Pour toutes ses raisons, la tromperie est affaire courante. Selon Ali, la mère iranienne aime ses enfants pour mieux oublier son mari. Ali a refusé un mariage arrangé avec sa cousine, ses parents lui en parlent encore : « elle est pourtant si belle et c’est un bon parti ! ». Beauté et argent, voilà où en est arrivé le mariage iranien. Ali, lui, préfèrerait épouser une étrangère pour aimer sa femme autant que ses enfants . Il m’a d’ailleurs demande en mariage et j’ai accepté- mais non, je rigole.

L’université est aujourd’hui leur seul espoir, source de savoir, de liberté et d’échanges. Le foyer des manifestations reste d’ailleurs aujourd’hui l’université de Téhéran. La plupart des universités étant mixte, ils peuvent s’y rencontrer. Les cursus étant réputés à l’étranger, avec beaucoup de motivation, ils peuvent obtenir un phd à l’étranger. Pour les jeunes filles, l’université reste sans aucun doute une source d’épanouissement sans équivalent, l’occasion de s’éloigner de leur famille si elles sont acceptées dans une « bonne » université éloignée de leur ville d origine.

Voilà en quoi consiste la vie d’un jeune iranien : se consacrer à ses études et tenter de partir à l’étranger quoiqu’il arrive. Le reste est interdit. Et c’est comme cela depuis la révolution islamique, à savoir exactement 30 ans, tous ces jeunes n’ont donc connu que cela.

Avant, sous le Shah, ce n’était pas parfait, mais plus libre, si ce n’est politiquement au moins dans les mœurs. Si cela fait 30 ans, pourquoi ne réagissent t ils que maintenant me direz-vous ? Parce qu’après l’adoucissement du début des années 2000, l’arrivée d’Ahmadinejah au pouvoir a provoqué un bon en arrière sans équivalent. Et la situation économique est catastrophique. Les petrodollars quittent le pays et servent a financer le hezbollha. Salman n a pas été paye depuis 3 mois, nombreuses sociétés sont en cessation de paiement.

Il faut savoir que tous ces interdits son strictement appliqués, grâce à la police des mœurs et aux bassijis qui veillent toujours et encore . J’ai moi même rencontré 2 fois les flics et une fois les bassijis – j’étais à chaque fois acompagnée d’amis iraniens qui ont été bombardés de questions sur leurs relations à mon égard. Allez, je vous avoue : j’ai à chaque fois bien flippé, mais pas de complication.

Pour finir, n oublions pas que tout cela concerne des jeunes comme vous et moi, même standard de vie, même education, même aspirations... Juste, imaginez vous 5 mn dans leur situation et demandez vous ce que vous feriez a leur place. La révolution ?

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